J’ai testé la semaine invisible

Ras le bol du quotidien : comment j’ai ignoré mes BF pendant une semaine… pour que les choses changent !

J’ai testé la semaine invisible

publié le 9 février 2012 par BnBay
J'ai 2 belles-filles qui sont en garde alternée. Je vis avec leur père et notre fille, leur petite demi-soeur, et avec elles 1 semaine sur 2. Récemment j'ai été amenée à tenter une expérience pour la première fois : j'ai testé la semaine invisible. Concrètement, j'ai ignoré l'existence des mes BF pendant une semaine...

Comment j’en suis arrivée là ?

Le truc de trop, tout bête mais qui a fait déborder le vase ou plutôt qui l’a asséché. J’ai osé demander à une de mes BF un coup de main pour nettoyer la cuisine après le petit déjeuner. En l’occurrence il s’agissait de balayer les milliers de miettes qu’elle ou sa soeur, BF n°2, laissent tomber sous la table pendant les repas… C’est vrai, je n’ai probablement pas fait ma demande avec toute la diplomatie nécessaire lorsqu’on s’adresse à ses beaux-enfants… Evidemment, j’ai reçu en réponse un regard noir. Et comme un coup de tonnerre qui arrive par surprise, j’ai, disons… pété un câble !

J’en avais assez de tout faire pour donner à chacun une vie de famille « normale », d’ »ambiancer » cette famille recomposée 1 semaine sur 2, sans jamais recevoir de mes 2 belles-filles le moindre soupçon de reconnaissance. Et qui plus est, de récolter à chaque demande d’aide la soupe à la grimace. Parce qu’en plus il faut demander, la spontanéité n’existant pas… Ce jour là, j’ai dit « STOP, elles ne voient pas tout ce que je fais pour elles alors je ne vais plus rien faire, mais je vais rester là pour le voir ». J’ai prévenu mon mari : la semaine va être spéciale…

En pratique la semaine invisible ça donne quoi ?

C’est elles qui sont devenues invisibles : Je ne leur ai plus parlé, plus regardé, je n’ai plus rien fait pour elles, ni laver le linge, ni de courses (pas de yaourts, ni biscuits préférés…), ni de bons petits plats. J’ai pris mes repas à part ou plus tôt avec leur petite soeur, soit à l’extérieur. Je crois qu’elles ont mangé froid toute la semaine…
J’ai occupé l’espace comme si elles n’étaient pas là. Quand je n’ai pas eu le choix j’ai donné des consignes neutres : « il y a du linge à étendre » écrit sur une feuille bien en évidence.

Attention, ambiance tendue à la maison

Faire comme si mes belles-filles n’étaient pas là a été particulièrement difficile. Cela m’a demandé un tel niveau de contrôle que ça en a été très éprouvant. De plus, ma fille, encore petite, a ressenti la tension et n’en comprenait pas les raisons. Elle a d’ailleurs fait des efforts incroyables pour détendre l’atmosphère… Cela a aussi été éprouvant pour mon mari.

Préparer la sortie du conflit

Le dernier jour, j’ai fait leur plat préféré et nous avons passé le repas à discuter de nos besoins et attentes respectives. Un véritable conseil de famille qui a permis de renouer le dialogue et l’ambiance est revenue.

Une expérience très bénéfique !

Quand on perd les choses, on se rend compte de leur valeur : mes belles-filles ont bien compris tout ce que je faisais pour elles parce qu’elles ont pu en mesurer le manque. Elles ont aussi mesuré comme c’était difficile de vivre l’indifférence voire de ressentir parfois des ondes hostiles lorsqu’elles passaient près de moi. Mon mari aussi a pris conscience de choses que j’avais du mal à lui expliquer jusque là. Par exemple, faire tout ce que je fais pour son propre enfant, c’est normal et même si parfois ça me saoûle, c’est largement compensé par l’amour que je reçois dans les « je t’aime, Maman », les bisous tendres ou les regards d’admiration. Des marques d’affections que je ne reçois pas de la part de ses filles, et qui suffisent à équilibrer la balance. Il a compris que d’avoir le sentiment de donner et de ne rien reçevoir de la part de ses beaux-enfants, me mettait dans une légitime colère. Il a compris qu’il devait mieux valoriser ce que je fais pour ses enfants et pour lui. J’ai donc sauté sur l’occasion pour faire ma petite liste d’envies (idées : WE, resto, bijou…) pour les jours où il faudra valoriser mes efforts « d’ambianceuse » de famille recomposée !

De mon côté, j’ai compris que mes attentes vis à vis de mes belles-filles étaient trop importantes, qu’elles ne pourraient pas me donner ce que ma fille me donne. J’ai donc pris conscience que je devais être moins exigeante et qu’au passage j’y gagnerais en efforts et en énergie.

Est-ce que je recommande la semaine invisible ?

Oui, oui, oui et re-oui !

 

Crédit photo Lonecellotheory

11 Réponses

  1. Sabrina B dit :

    Merci pour ces conseils,

    Je vais tenter l’exercice avec mon BF de 11ans.

    En mode Ras le bol alors aux grd maux les grd remèdes

  2. christine dit :

    Bonne idée!! c’est tentant!

  3. Katia dit :

    Merci pour l’article.
    Pour ma part, j’ai déjà testé le temps d’un WE… Résultat: c’est plutôt mon mari que ça a fait réagir. Il a pris les choses en main, et quand c’est comme ça, les BE se mettent au taquet illico!

  4. Cidelle dit :

    Bnbay, tu as de la chance que les choses se soient arrangées dès la fin de la semaine. Je pratique à peu près la même chose depuis longtemps sans grand résultat : par exemple, si je ne demande plus que les miettes soient balayées ou la table nettoyée après le petit déjeuner, la table va rester sale et collante jusqu’au déjeuner, et ils vont s’asseoir et manger sur la table sale, au milieu des miettes, et resalir, et comme avec leur père on reste toujours un peu plus longtemps à table, et bien c’est moi qui doit tout nettoyer!
    Je fais depuis longtemps la grève du linge : je ne lave aucun de leurs vêtements pendant la semaine ou ils sont là, je ne ramasse rien dans leur chambre , les vêtements doivent être dans la panière à linge pour être lavés. Plus de ménage dans leurs chambres. Mais aussi ,comme toi, et cela depuis longtemps, j’achète très peu de choses qu’ils adorent et, quand je fais des plats qu’ils aiment, c’est soit pour avoir la paix, soit pour faire des économies ( pommes de terre!)
    Je suis aussi depuis quelques temps assez indifférente, Chéri s’est plaint ( et eux aussi mais pas à moi directement) que je leur criait trop dessus. J’essaie de me contrôler mais c’est pas facile. J’arrête le « fais pas ci fais pas ça! », comme par exemple de s’habiller assez chaudement pour aller à l’école ou simplement le fait de se laver. Souvent, les 2 petits ( 7 et 10 ans quand même) ne se lavent pas le matin , ( je m’en suis rendue compte car au bout de 2 jours, aucun gant de toilette n’était sorti). Je l’ai dit une fois, maintenant, je laisse faire, s’ils sentent mauvais, tant pis pour eux, ce ne sont pas mes enfants.
    Tout cela pour dire que mon indifférence ne les blesse pas plus que ça et qu’ils ne semblent pas se rendre compte de tout ce que je fais, ils prennent cela comme un dû.

  5. celine dit :

    Bravo en tout cas et vous avez raison!

  6. fleurfleur dit :

    Je l’ai fait mais au final ça ne change rien. Par contre j’ai décidé de mis prendre autrement, je vis comme si j’était célibataire une semaine sur deux, je vais tenter l’expérience de toute façon j’ai rien a perdre.
    Je suis tellement à bout que voilà où j’en suis arrivée,
    Les enfants c’est plus mon problème les problème d’organisation plus mon problème les courses etc tout ça se ne sont plus mes problèmes.

  7. BnBay dit :

    Vous avez raison les filles la semaine invisible a surtout servi à faire prendre conscience certaines choses aux adultes, les enfants eux vivent au présent stop aux prises de tête.
    Depuis mon article de l’eau a coulé sous les ponts, d’autres clashs ont surgis et j’ai fait un bout de chemin en terme de prise de conscience perso grâce notamment aux 4 accords Toltèques de Miguel Ruiz ! : Que ta parole soit impeccable, ne pas en faire une affaire personnelle, ne pas faire de suppositions et faire toujours de son mieux
    Donc aujourd’hui j’ai pris du recul émotionnellement, je ne suis plus aussi investie, je me fiche de savoir si elles m’apprécient, s’il elles ont conscience de ce que je fais pour elles etc… J’ai pris conscience que ce qui est important est ma place auprès de mon mari et de ma fille, que je suis chez moi, et que je fonctionne de la même manière qu’elles soient là ou pas. J’impose mes règles au motif qu’elles vivent sous mon toit, non elles ne sont pas chez elles, elles sont chez moi et chez leur père… Et si cela ne leur convient pas elles ont le droit de ne plus venir… elles ont aussi le droit de râler, de bouder… mais elles doivent obéir et sans claquer la porte !
    Maintenant, chacune à son job l’une s’occupe du lave-vaisselle, l’autre de mettre et ranger la table. Je ne m’investis plus non plus dans leur éducation, je fais des remarques à leur père et c’est lui qui fait les remarques (ranges ta chambre !, fais tes devoirs, laves tes dents, ranges tes fringues…). Ça fait 3 mois que ça fonctionne plutôt bien et moi ça va beaucoup mieux !
    Ah oui, j’ai aussi fait un gros effort en terme d’attente de reconnaissance, je n’attends plus rien ni de leur père, ni d’elles, je me nourris toute seule et je me reconnais moi-même : je suis une BM formidable, j’ai trop de la chance de m’avoir ;o) et mes chevilles se portent à merveille !

    • mummie27 dit :

      Bien dit !! Vous me redonnez le sourire. J’espère en arriver là moi aussi, pour l’instant je n’arrive pas à moins m’investir, surtout que ses enfants se tournent toujours vers moi pour tout…. pour le moment je n’ai pas envie de les ignorer, mais j’ai l’impression que ça va finir par arriver….!!!! Mais c’est vrai, moi aussi je suis une BM formidable !!!!

  8. armelle dit :

    Vous avez bien de la chance que ça marche parce que moi: RIEN!
    Je prends du recul, je ne fais plus le ménage dans sa chambre, je ne change plus ses draps, son linge n’est pas lavé s’il n’est pas dans le coffre à linge, je ne lui dis plus de se laver (surtout les dents). Ma BF est tellement fainéante qu’elle n’a aucune hygiène intime. Elle utilise peu ou pas de savon et de déo… car sa mère lui a dit qu’il ne fallait pas en utiliser. Je lui ai expliqué comment faire quand on a ses règles mais ma BF m’a dit que son médecin lui a dit qu’il ne fallait pas mettre de protection pour laisser aérer donc elle préfère avoir des tâche au postérieur, ce qui ne l’a dérange pas du tout….. Au début je lavais mais stop ! Marre de laver ses culottes!
    J’ai essayé de ne rien faire mais là on m’a dit que mon comportement était enfantin. Mon mari attend de moi que je fasse tout et me reproche que la maison ne soit au top mais ils ne font rien pour me ménager. Depuis l’été je suis reconnue handicapée, ils le savent et j’ai l’impression qu’ils me poussent à bout en plus de supporter mes douleurs . Quoi que je fasse rien ne va, très compliqué!!!

  9. mummie27 dit :

    Merci pour cette idée. Je me suis reconnue dans le paragraphe sur la frustration : j’ai deux beaux-fils de 13 et 16 ans à temps plein à la maison depuis 10 mois. Ils sont très sympas avec moi mais je souffre de donner beaucoup et de ne rien recevoir en retour. Je ne leur en veux pas, ils ont une maman à aimer, même si elle ne les prend en vacances qu’une fois tous les six mois, et je ne serai jamais que leur belle-mère, pourtant j’ai l’impression d’être depuis le début de l’année leur mère à plein temps. ça m’a donné égoïstement envie d’avoir des enfants « à moi » pour recevoir ces « je t’aime, maman » que je les entends dire à leur mère au téléphone…. ce n’est pas une bonne raison, je sais.

  10. BnBay dit :

    @Armelle (et les autres aussi)
    Je comprends ta souffrance et c’est vrai que ce doit être difficile avec ton handicap en prime.
    Et il n’est pas question de perdre ta place aux yeux de ton mari, ni de continuer à souffrir en silence. Je te propose de changer d’état d’esprit pour tester un juste milieu :
    Peut-être pourrais-tu considérer que tes BE sont des amis de la famille qui viennent de l’étranger et que tu dois les recevoir chez toi pour une période indéterminée mais tu sais qu’un jour ils partiront (euh quand même, faut pas pousser !) pour s’installer chez eux.

    Donc dans ce contexte que fais-tu ? Est ce que tu te permets de refaire leur éducation ? Est-ce que tu passes derrière eux pour ranger leur bazar dans leur chambre ? Non bien sûr !
    En revanche que fais-tu lorsque tu reçois des invités ? tu prépares le repas, tu leur demande un coup de main s’ils ne te le proposent pas spontanément, tu nettoies leur chambre ? tu leur mets des draps propres et ils font leur lit, tu laves leur linge s’il est dans le panier mais tu ne vas pas dans la chambre chercher les culottes sales qui traînent, non ?

    Certes, tes amis au début sont reconnaissants, ils te le disent, te le témoignent d’une manière où d’une autre mais ceux qui sont chez toi ont des mœurs différentes (où ils sont mal élevés…) Que fais-tu ? Tu supportes, tu leur fais comprendre que sous ton toit, tu apprécierais que certaines choses soit faites comme tu l’entends : linge dans la panière, aide aux repas, pour faire les lits.
    Est-ce que tu le ferais sur un ton agressif ou aimable ?

    Je crois que tu as compris l’idée, retrouver ta place et ne pas être ni soumise à tes invités ni agressive parce qu’ils ne connaissent pas tes règles (ou qu’ils les oublient régulièrement, ces têtes de linottes qui vivent chez une maman qui n’a pas les mêmes règles que toi parce que justement c’est ses enfants…) et comme pour tes invités tu sais qu’au bout d’un moment ils deviennent ingrats parce qu’ils s’habituent à se faire servir… que ferais-tu dans ce cas ?

    Voilà Armelle qu’en penses-tu ?

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