Qui sont ces femmes qui veulent un statut ?

Pourquoi vouloir un statut quand on est belle-mère ? Le point de vue bien tranché d’une BM heureuse sans statut.

Qui sont ces femmes qui veulent un statut ?

publié le 10 mai 2013 par Dominique Devedeux
Dominique Devedeux est psychanalyste et auteure, notamment de "Au secours, je suis une marâtre". Son métier ne l'empêche pas d'avoir un avis bien tranché. Ce "Langue de BP" est une tribune libre dans laquelle elle exprime un point de vue dont nous ne doutons pas, à la rédac, qu'il fera l'objet de réactions diverses. Mesdames les belles-mères, on vous interpelle... ;-)  : "Qui sont ces femmes qui veulent un statut, et un statut pour quoi faire ? Les justifications qui renvoient aux seuls aspects pratiques ne me suffisent pas. Ces questions ne m’amènent qu’à d’autres questions."

Quel étrange sentiment d’usurpation, d’incomplétude elles doivent ressentir pour désirer une reconnaissance légale, qui ferait d’elles une BELLE-MÈRE SUPÉRIEURE, une BELLE-MÈRE STATUÉE, GRADÉE… LÉGITIMÉE !

N’y a-t-il rien dans leur vie qui les anime et les comble, qui les gratifie, et les satisfasse suffisamment pour se sentir exister par et pour elles-mêmes sans courir après un statut de belle-mère, comme on court après un diplôme ? Comme cela serait en effet rassurant de penser qu’une loi pourrait réguler ce qui échappe à la raison, la part obscure, le point le plus sensible mais crucial des familles recomposées : les affects, les sentiments. Une loi permettrait-elle d’aimer plus, d’aimer mieux ?

Et quand bien même ces femmes possèderaient un statut, si le père ne peut s’empêcher de les contredire, de les critiquer, de se mettre en bouclier entre elles et les enfants, ne leur laissant que le droit de les prendre à l’école, à la danse, au foot, de gérer le quotidien, l’intendance et la cuisine, autrement dit de n’endosser que le rôle de la super nounou dont la majorité des belles-mères se plaignent, qu’y a-t-il de plus à gagner avec un statut ?

Un statut ne règlera pas ce qui se passe à la maison.

Quelques pères interrogés récemment pour y voir plus clair sur la question du statut du point de vue des hommes ne semblent pas unanimes. Certains prétendent qu’ils accorderaient/auraient accordé davantage d’autorité à leur compagne – sans préciser – si elle était reconnue par un statut, d’autres disent que cela ne changerait rien.

Un statut n’ouvrira pas davantage aux belles-mères le cœur de leurs beaux-enfants, ni ne les rendra plus aimables aux yeux de l’ex de leur chéri.

Justement, qu’en dit la mère, légitime elle, de cette reconnaissance légale de la « copine de mon mari » – les ex sont nombreuses à continuer d’appeler ‘’mon mari’’ le père de leurs enfants alors qu’il ne l’est plus depuis des lustres – . Les mères, si irritées à l’évocation de l’intruse qu’on leur impose, qu’elles jugent souvent inapte à bien s’occuper de leurs têtes blondes, ne vont-elles pas se sentir dépouillées de leur toute puissance maternelle ? Sont-elles disposées à signer un pacte de partage d’autorité maternelle avec l’ étrangère ? Une autre façon de déclencher la guéguerre entre la mère et le père !

Ces femmes qui revendiquent un statut, voudraient-elles également qu’on leur attribue un uniforme de vraies belles-mères qui permettrait aux yeux de tous de les différencier des autres, les fausses belles-mères, les illégales, les sans-papiers de la famille recomposée ? N’y a-t-il pas au fond le désir inavoué de faire taire la peur tenace d’être toujours considérée comme la mauvaise part du binôme « la maman et la putain » ?

 

Et vous, que vous inspire l’idée d’un statut du beau-parent ? Pour ou contre ? Et que dites-vous du regard de Dominique Devedeux sur ce sujet ?

crédit sweetonveg/cc

 

12 Réponses

  1. celou dit :

    Pour ma part, non merci!

  2. ly78 dit :

    Pour ma part, j’aimerai qu’il existe un vrai statut, car aujourd’hui, bien qu’en étant en garde alternée, je dois tout justifier…
    - Aller chercher l’enfant à l’école alors que je suis mariée à son père
    - Amener l’enfant chez le médecin…

    Alors que je prends 1 mercredi sur 2 pour rester avec lui.. mon entreprise refuse de le reconnaitre… pas d’accès aux jours enfant malade ; pas d’accès au CE… pas de reconnaissance.

    Idem pour des questions juridiques, notamment sur l’héritage. Cet enfant est un inconnu… Du coup, taxé à 60% si jamais je veux le mettre sur mon testament.

    J’aimerai un vrai statut, une vraie reflexion. cela ne changerait rien dans mon couple, car j’ai déjà ma place dans la maison, et mon autorité est respectée ! Mais qu’aux yeux de la France, j’aimerai être reconnue

  3. lasaonoise70 dit :

    Bonjour,
    Je suis dans la position de Ly78
    C’est vrai que cela ne changera rien sur l’aspect sentiment de l’enfant, du Chéri ou de Mme-ex.
    Ce que je voudrais c’est une reconnaissance légale vis-à-vis de la loi, uniquement, pour l’héritage, pour l’entreprise, pour ne plus que les enfants de mon Chéri soient des « étrangers » pour moi alors que je suis dans leur vie ce qui ressemble le plus à une maman… à une stabilité…
    A leurs yeux, à ceux de mon Compagnon, à ceux de notre entourage… oui, je suis reconnue… mais pour le côté légal… rien de rien…

  4. lilousam dit :

    ah mais je ne veux surtout pas de « statut legal de belle -mere »!
    Perso, je n ai pas attendu d etre « belle-mere » pour exister! Je suis une femme ,une maman, une soeur, une fille, une professionnelle reconue ! Etre belle-mere, je le suis car marié a un homme ayant un enfant, enfant sur laquel je ne veux aucun droit, merci!
    C est a cet enfant de me donner une place si il le souhaite, celle qu il choisira ou pas!
    C est a mon mari de m imposer en tant qu adulte responsable auprés de cet enfant, comme il le ferait pour une nourrice ou une baby sitter. Si il ne le souhaite pas, ce n est pas a la loi de m imposer a une telle place.
    Pour l heritage, j ai fait un testament qui protege ma fille. les biens que j ai acquis avant mon mariage lui reviendront. Et mon mari n a que l usufruit de mon appart si il m arrive un souci, elle en a les fruits, elle seule. Pas Cherbeaufils. Si nous devons acheter un bien commun, nous irons faire un tour chez le notaire .
    Et en garde alternée, j ai la possibilité d aller chercher Chrebeaufils a la sortie du college ( et avant de l ecole primaire). A chaque debut d année, les parents indiquent a l ecole quelles sont les personnes autorisées a venir prendre les enfants en leur absence, donc on peut indiqué les grands parents, les beaux parents… et l ecole remet l enfant a la personne indiqué sur presentation d une carte d identité!
    Et Cherbeaufils est sur ma sécurité sociale et ma mutuelle, et ce depuis 4 ans, donc AVANT mon mariage avec son papa! Il vit sous mon toit ,donc il est un ayant droit aux yeux de la sécu!
    Mon satut au yeux de Cherex? sans vouloir etre mechante, c est elle qui a un souci avec son statut d « ex femme de » et de « maman de »! Sinon, elle viendrait pas m emmerder comme cela!
    Alors , je pense honnetement que le legislateur n a pas a intervenir dans notre « statut », et nous, belle-mere, vivrions mieux notre statut si nos chers maris savaient et avaient les « couilles » de nous donner une vraie place!

  5. lilousam dit :

    et pour repondre completement a madame la psychanalyste si dessus qui oublie que bon nombre de belle mere sont aussi maman, et ont aussi un ex-mari (ce qui est mon cas)… que nous les femmes pouvons etre a la fois la mere ( celle de notre enfant), la femme et la putain de notre mari!
    alors sa vision a 2 balles de « la maman et la putain » ,elle date des années 1960, mais surement pas des années 2000….
    J adore les psy et leur vision etriquée , rapide et taillée a « l emporte piece »…
    Qui suis je donc, moi, qui suis a la fois:mère, ex femme de, femme de, belle mere et qui ne veut pas d un statut legal de belle mere??
    Un objet d analyse pour vous: pourquoi les « ex femmes  » de nos maris, qui les ont quittés, viennent nous enquiquinnées alors que nous avons rencontrés leur ex mari quand elles etaient deja sortis de leur vie?? Quels sont leur « complexe » a elles?

  6. lilousam dit :

    Et je vais aussi repondre en tant que Mère d une petite fille en garde alternée.
    Deja, je n appelle plus le père de ma fille:  » mon mari » mais  » mon ex-mari  » ou le papa de ma fille…Et je n ai pas attendu mon remariage pour le nommer ainsi. Les femmes qui nomment encore le pere de leurs enfants « mon mari » alors qu elles sont divorcer vont-elles bien? ne dysfonctionnent -elles pas?

    Partager mon autorité maternelle avec « la copine de mon ex »… la question ne se pose pas. Le pere de ma fille ne demande qu une seule chose a sa compagne ( et non « copine »que c est pégoratif comme terme..) , qu elle soit bienveillante avec sa/ma/notre fille…. pas qu elle me remplace. Sa présence auprés de ma fille ne me dérange pas tant qu elle reste a sa place, c est a dire une place de bienveillance et de gentillesse . C est au père de definir le role de sa compagne ou femme auprés de l enfant.
    Pourquoi vouloir opposez la Mère et la Belle-Mère? Les roles sont totalement differents….
    La compagne de mon Ex mari n est pas une rivale,et je lui demande juste d etre sympatique avec ma fille, et, encore une fois, je me repete: bienveillante. Ma fille l apprecie, tant mieux.Tout comme elle apprecie son beau-père.
    Je n ai pas de probleme vis a vis de la belle mere de ma fille. Je suis sa maman, et j ai suffisament confiance en mon role, en mon attitude et surtout en l amour qui m unit a ma fille pour ne pas avoir a souffrir ni a prendre ombrage de sa belle-mere.
    Par contre, trés clairement, elle n a pas a partagé mon autorité. Ce n est pas son enfant. Mais comme, en tant que belle mere, je n ai pas a avoir une quelquonque autorité legale sur mon Cherbeaufils…Il a un papa et une maman….

  7. klea dit :

    Bien sur que la demande d’un statut renferme tout ça.
    Pour les aspects pratiques de la super nounou il suffit de prévenir à l’avance l’école ou le lieu de l’activité, pas besoin d’autre chose. Pour le reste, ces enfants ont leurs parents qui, s’ils ont choisi telle ou telle garde, doivent l’assumer ! Trop facile de se poser en père victime et de demander à BM de gérer, de prendre un statut légal et de devenir responsable (donc de devoir rendre des comptes !!!). Trop facile d’arriver en tant que BM et dire qu’on veut être celle qui compte dans la vie de l’enfant alors qu’ils ont déjà de quoi faire (et qu’ils auront peut être d’autres BM !).

    Celles qui ont envie d’être les supers nounous officielles ou les mamans de substitution parce que quand même c’est meilleur pour l’estime de soi, libres à elles. Pas la peine d’imposer aux autres de devoir rendre des comptes sur leur façon de (ne pas) être les mamans bis de gamins qui sont pas à elles.

    Les mères de ces enfants, critiquées à tort et à travers (parfois à raison aussi mais dans leur rôle de mère on n’a pas à les juger, on ne sait pas la réalité des choses -un enfant s’arrange toujours un peu- et non elles ne sont pas maltraitantes sous prétexte qu’elles sont les premières à avoir enfanté de notre mec) ne pourront qu’ouvrir des conflits avec un statut de BM. Pour limiter les droits à celui du statut ou pour exiger de la BM qu’elle soit ceci ou cela.

    Quand aux avocats, laissez leur juste le temps de trouver un client et ils s’engouffreront dans de nouvelles procédures dont les BM seront la cible.

    Faites assumer à vos hommes leur choix d’avoir eu des enfants, ça leur fera du bien. La copine et ou la femme de papa, c’est déjà la nounou de service, est ce utile de remettre une couche en créant de nouveaux devoirs ? Parce qu’alors là plus personne ne pourra se plaindre d’erre dans le devoir de financer ceci ou cela pour Bf, d’être convoquée chez le jaf parce que ce point du statut n’a pas été respecté, etc.

  8. celou dit :

    Exactement. Je rends service en allant chercher mes BF a l’école si ça me chante, et non en vertu d’une obligation légale. Si d’aventure on m’empêchait de le faire, les parents seraient assez grands pour se débrouiller entre eux. Et ça me ferait des vacances.
    Nous ne sommes pas là pour remplacer la maman, même si nombre d’entre nous pensons qu’elle est limite. Ça, c’est notre vision de BM! Nous sommes un plus pour ces enfants, dans le meilleur des cas. Un élément totalement déconnecté de la mère, quand tout va bien.
    Un statut ne peut servir à améliorer les relations entre BM et BE, ou entre BM et parents. Si la relation est instable ou frustrante, ce statut ne peut que l’empirer!
    Je prefere donner sans rien avoir en retour que donner parce que j’y suis contrainte!

  9. kler dit :

    Bien entendu, ce n’est pas un statut qui va créer des liens, de l’affection, ou même une autorité si celle-ci n’est pas donné par le parent. Par contre, une reconnaissance de l’institution, là oui. J’ai été confronté à une réaction très violente d’un médecin qui m’a interdit toute visite / contact avec ma BF hospitalisée pendant plus de 2 mois. Je n’ai pu opposer aucun recours à cette décision, malgré le soutien de ses deux parents ! Alors, c’est certain qu’au niveau affectif ça ne changera rien, mais si ça peut éviter à d’autres personnes de se retrouver à la même place que moi, je pense que ça mérite une vraie réflexion, un peu plus approfondie que l’opinion de Mme Devedeux, qui, de mon point de vue, est davantage une accumulation de clichés qu’une pensée construite.

  10. Elouan2011 dit :

    Chaque BM est différente, chaque famille est différente… on ne peut pas lister les droits et devoirs des BM en général vu que chaque BM n’a pas les memes dispositions, les meme envies, les memes champs d’actions. Ce statut légal de BM a un avantage au niveau administratif mais pas au niveau quotidien. Car effectivement pour l’héritage cela peut devenir extrêmement compliqué, j’ai 1 fils, 2 BE, j’aurais peut etre un jour d’autres enfants et surement une maison commune à léguer… et le dernier de moi ou mon chéri devra en attribuer une partie à son ou ses BE aussi…
    c’est un exemple parmi d’autre mais administrativement ça peut faciliter les choses.
    Par contre je suis tout a fait d’accord pour dire que quotidiennement cela sera un fardeau en plus à porter…

  11. cilou dit :

    Oui, je suis pour un statut légal de la belle-mère. Pour ne pas être juste une pièce rapportée au yeux de la société. C’est aussi pour nous couvrir, nous. Reconnaitre notre implication pas seulement derrière la porte de la maison (intendance quotidienne) mais aussi dans la société. Pour que les enfants n’aient plus honte de dire qu’ils ont un beau-père et une belle-mère qui s’occupent d’eux à temps plein. Pour ne plus avoir à justifier d’un statut de femme mariée qui s’occupent des enfants de son mari. Nous sommes plus que cela. Qui est qui et qui fait quoi. Qui doit faire quoi.
    En gardant très souvent mes beaux-enfants toute seule, je flippais parfois qu’il leur arrive quelque chose lorsque nous n’étions pas mariés. Maintenant que je porte le même nom qu’eux, je me sens plus légitime pour prendre une décision d’urgence par exemple. De même, je ne supporterai pas de ne pas pouvoir les voir à l’hôpital s’il leur arrivait quelque chose. Je les aime et m’occupe d’eux autant que je peux. J’aimerai que la société me voit comme autre chose qu »un coucou, qu’une usurpatrice » ! je ne suis pas une voleuse d’enfant ! et le fait que la loi me reconnaisse des droits mais aussi des devoirs, je suis POUR !

  12. Sabine Coulon dit :

    Ah ! Je savais, et Dominique aussi, que ce sujet ferai couler beaucoup d’encre :D

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