Décision du Jaf, Jour J

Ce jour là, Annie Belle-Maman attend la décision du JAF qui va probablement changer sa vie quotidienne. En attendant, elle fait le point sur son « statut » de belle-mère.

Décision du Jaf, Jour J

publié le 29 octobre 2012 par Annie Belle-Maman
Après les présentations, voici la première Chronique d'Annie Belle Maman. Rappel de sa configuration familiale : belle-mère de 31 ans, Annie Belle-Maman a : 1 belle-fille de 8 ans et 1 Chéri. Et en ce moment, chez eux, l'actu c'est la décision du juge aux affaires familiales (le Jaf)...

Par quoi commencer ? Par le plus urgent, la décision du Jaf. Aujourd’hui, on connaîtra les modalités de la garde alternée et le montant de la PA (pension alimentaire). Pourquoi appelle t-on l’audience chez le Jaf une audience de conciliation ? C’est tout sauf une conciliation. C’est du fight. Un camp contre l’autre. L’hypocrisie à la française dans toute  sa splendeur. Je reviendrai dans une prochaine chronique sur la décision du Jaf.

Être belle-maman, c’est aussi être la compagne d’un homme qui est père. C’est partager ses doutes et ses joies. Mais ces temps-ci, je suis trop allée dans l’empathie, voire la fusion. Sa douleur de père, je la comprends. Mais ce n’est pas la mienne, même si Lila me manque aussi.

Arrivée de Lila pour le week-end, à la gare Montparnasse demain à 21h18. C’est sa mère qui l’amène. Autant dire que c’est du n’importe quoi. On n’aura pas de soirée, alors qu’on avait prévu avec son père d’aller au restaurant. D’habitude, Lila arrivait par le train de 19h30…

J’aime beaucoup cette petite. Elle est vive, elle me fait des dessins, elle me dit qu’elle m’aime. J’entends déjà les remarques : « Oui, mais pour toi, c’est facile, tu ne la vois qu’un week-end sur deux ou trois. » Je ne sais pas s’il peut être question de facilité quand il s’agit d’affection. Ce qui est sûr, c’est que je ne calque plus mon emploi du temps sur le sien.

Au printemps dernier, lorsque sa mère est partie à 300 km de Paris, chez ses parents, Chéri et moi avions Lila quasiment à temps plein. En fait, ses deux parents ont tenu à ce qu’elle termine son année scolaire à Paris en attendant la décision du juge qui était prévue au départ début juin… avant d’être reportée en octobre. Au départ, Chéri souhaitait avoir aussi la garde principale de sa fille. Mais au fur et à mesure que les semaines passaient avec nous, Lila s’est mise à réclamer sa mère de plus en plus souvent et à pleurer à table. Alors, il a cédé la garde principale de sa fille à sa mère.

Je n’ai pas toujours très bien vécu cette période où on l’avait quasi à plein temps. D’abord, parce qu’elle n’avait pas encore sa chambre et que son lit était dans un coin du salon. Donc quand elle était là, c’était le « brin » (expression du Pas-de-Calais pour dire le bordel). Le salon était petit, on habitait dans un 42 m2. Elle n’avait pas son espace, et moi, par moment, j’avais l’impression d’être envahie. J’ai vécu les week-ends où elle partait chez sa mère comme un souffle d’air. À l’époque, je travaillais déjà en indépendante. Donc quand je n’allais pas travailler dans des bureaux que je partageais avec d’autres entrepreneurs, je travaillais chez moi. A 18 ou à 18h30, quand son père la ramenait, je rangeais tout, parce qu’il fallait préparer le repas.

Aujourd’hui, ce qui est sûr, c’est que je n’ai plus cette contrainte. Pendant la période compliquée, j’ai essayé un maximum de ne pas lui montrer, parce qu’après tout, elle n’y est pour rien si elle n’a pas sa chambre. Mais franchement, parfois, elle m’agaçait. Je pense avoir quelque fois dérapé, mais oui, personne n’est parfait.

Il y a eu aussi des bons moments. Tous les soirs, je lui lisais une histoire. En fait, ce sont ces moments qui nous ont rapprochées. J’y tenais beaucoup. Quand son père lui disait d’aller se coucher, elle lui disait : « Ah non, d’abord, y a l’histoire du soir ! »  Elle me dit parfois : « J’ai de la chance d’avoir une Annie comme toi. ». Une fois elle m’a dit : « Toi aussi, tu es ma famille. » Une fois, elle m’a agacée pour je ne sais plus quelle raison, elle est venue pleurer dans mes bras. Alors, je ne me suis plus agacée… La première fois qu’elle m’a vue, j’étais assise sur mon lit, elle s’est jetée dans mes bras. Elle avait 5 ans.

On la voit demain, et on va lui faire la fête, comme à chaque fois qu’elle viendra. Souvent, elle me parle de son petit frère, ou de sa petite sœur : « Annie, tu penses qu’il va naître quand ? » Pas de bébé en cours pour l’instant, mais on y pense !

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